Grand succès du colloque sur Octobre 1917

Coorganisé par le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB (CHSG), l’Institut Marcel Liebmann, la Formation Lesoil et le Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), le colloque « Redécouvrir les espoirs, les utopies et les héritages de la Révolution russe » qui s’est tenu du 2 au 4 novembre à la Maison du Peuple de Saint-Gilles ambitionnait de revisiter la révolution russe à la lumière des nouvelles approches historiennes favorisées par l’ouverture des archives de l’ex-Union soviétique. Les organisateurs ne voulaient ni d’une manifestation académique, ni d’une « commémoration » pro ou anti. Leur volonté était de favoriser une réappropriation sans tabous ni fétiches de ce qui demeure un moment clé de l’histoire des combats pour l’émancipation des exploités et des opprimés.

Coorganisé par le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB (CHSG), l’Institut Marcel Liebmann, la Formation Lesoil et le Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), le colloque « Redécouvrir les espoirs, les utopies et les héritages de la Révolution russe » qui s’est tenu du 2 au 4 novembre à la Maison du Peuple de Saint-Gilles ambitionnait de revisiter la révolution russe à la lumière des nouvelles approches historiennes favorisées par l’ouverture des archives de l’ex-Union soviétique. Les organisateurs ne voulaient ni d’une manifestation académique, ni d’une « commémoration » pro ou anti. Leur volonté était de favoriser une réappropriation sans tabous ni fétiches de ce qui demeure un moment clé de l’histoire des combats pour l’émancipation des exploités et des opprimés.

Matéo Alaluf (Institut Marcel Liebmann) l’a souligné en conclusion des travaux : une approche basée sur les faits est rendue plus que jamais nécessaire aujourd’hui face à un discours dominant qui réduit les événements de l’année 1917 à une lutte pour le pouvoir entre partis rivaux. Omniprésent dans les grands médias, notamment télévisuels, ce discours valide le renversement du tsar en février, condamne celui du gouvernement Kerenski en octobre et escamote complètement le soulèvement populaire des ouvriers, des paysans et des soldats organisés en conseils (soviets)… c’est-à-dire la révolution elle-même.

Après une présentation générale du colloque par Jean Vogel (CHSG), Alexandre Rabinowitch (Indiana University) et Enzo Traverso (Cornell University) ont ouvert le colloque par deux exposés très complémentaires. Le premier retraça la montée vers la révolution d’octobre à la lumière des nouvelles données historiques, le second proposa une réflexion stimulante sur le changement d’époque et les caractéristiques du nouveau cycle de luttes sociales dans lequel nous sommes entrés et au sein duquel les leçons de l’histoire doivent être intégrées.

Au cours des deux journées qui ont suivi, huit panels thématiques ont ensuite permis à vingt chercheur.e.s de présenter leurs travaux.
Eric Aunoble (Université de Grenoble) et David Mandel (Université de Québec à Montréal) ont exposé la dynamique de la révolution entre février et octobre, son développement et ses contradictions à la base, dans les soviets.

Simon Pirani (Oxford Institute of Energy Studies) et Jeffrey Rossman (University of Virginia) se sont penchés sur les phénomènes précoces de bureaucratisation du pouvoir soviétique au début des années vingt et sur leur institutionnalisation ultérieure, sous le stalinisme.

Jean-Jacques Marie (CEMTRI) et Kevin Morgan (Université de Manchester) ont traité respectivement de l’actualité de la révolution russe et du culte de la personnalité, en particulier du « léninisme » comme construction.

Samia Beziou (Université Libre de Bruxelles), Francine Bolle (id) et Stefanie Prezioso (Université de Lausanne), ont exposé les résultats de leurs recherches sur l’influence de la révolution russe dans les mouvements ouvriers en Belgique et en Italie.

Hanna Perekhoda (Université de Lausanne), Matthieu Renault (Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis) et Catherine Samary ( Université Paris Dauphine) ont décortiqué les relations complexes et parfois conflictuelles entre la révolution russe et les mouvements de libération nationale, respectivement en Ukraine, au Turkestan et en Yougoslavie.

Laure Desprès (Université de Nantes), Fabien Bellat (Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles) et Laurence Roudart (ULB) ont abordé différents aspects de l’utopie communiste dans la révolution dans les domaines de la politique économique, de l’architecture et de la question agraire.

Laurent Vogel (ULB) et Lionel Richard (Université de Picardie Jules Verne) ont eu un échange passionnant sur la littérature et les arts graphiques dans la révolution.

Louise Gotovitch (enseignante), Cyliane Guinot (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Sébastien Antoine (UCL-Mons) ont clôturé les travaux par des exposés sur la pédagogie, la naissance de la « Femme rouge » et… la déformation de la révolution russe dans le programme d’histoire en Belgique francophone.

Chaque panel a été suivi d’un échange avec la salle. Celle-ci ne s’est désemplie à aucun moment, preuve du vif intérêt suscité autant par la qualité des contributions que par la démarche plurielle des co-organisateurs. La table de presse a d’ailleurs été littéralement dévalisée des ouvrages écrits par les intervenants.

En lien avec le colloque, la Maison du Livre de Saint-Gilles organisait un parcours dans l’univers artistique de la révolution d’octobre. La soirée d’ouverture du colloque s’est terminée par un concert de chants de luttes interprétés par la chorale Brecht-Eisler.

Les vidéos du colloque seront mises en ligne prochainement et les contributions des intervenants seront rassemblées en un livre.

Pour tout renseignement : colloque1917@gmail.com.