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Le Comité mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme (CMF)

La section belge du Comité Mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme (CMF) naît dans le sillage de la Conférence mondiale des femmes contre la guerre et le fascisme organisée en 1934 à Paris par le mouvement « Amsterdam-Pleyel », que président Romain Rolland et Henri Barbusse. Plusieurs Belges participent à son comité d’initiative, qui témoignent de la résonance prise par le pacifisme et l’antifascisme dans les mouvements socialiste, communiste et féministe. Outre la présence de dirigeantes du mouvement féminin socialiste (Alice Pels, Isabelle Blume et Hélène Burniaux), la communiste Marcelle Leroy y joue un rôle moteur. Mais la personnalité sans doute la plus emblématique est Germaine Hannevart qui symbolise l’adhésion au mouvement d’une nébuleuse à la fois féministe, pacifiste et laïque dont le point d’ancrage est l’enseignement. Constituée en 1934, la section belge du CMF est présidée par Lucia de Brouckère. Mais c’est surtout la secrétaire Marcelle Leroy qui en devient la cheville ouvrière, à qui succède Emilienne Steux-Brunfaut. Se retrouvent côte à côte dans ses rangs : des pionnières de la paix (Antonia Nyssens-van Dreveldt, Léonie La Fontaine), de nombreuses femmes socialistes et communistes, mais aussi des libérales (Georgette Ciselet, Gabrielle Rosy-Warnant) et des laïques non affiliées à un parti (Germaine Hannevart). Elle ne parviendra jamais à se rallier des femmes catholiques.
La jeune association s’illustre dès lors dans différents combats, féministe, pacifiste et antifasciste.
(...)

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Illustration : Portrait de Marcelle Leroy, Fonds personnel de José Gotovitch.

16 avril 2018

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En vente au CArCoB

Le livre de Jean-Michel Chaumont, Survivre à tout prix ? Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes est désormais en vente au CArCoB.
Cette recherche pionnière a notamment été rendue possible par l’exploration systématique des dossiers constitués par le PCB à la libération et conservés au CArCoB, ouverts pour la première fois totalement à un chercheur, tout en respectant l’anonymat des personnes.

"Survivants à leur déportation, un certain nombre de militants communistes rentrent en Belgique mi-1945. Le Parti leur demande alors de relater les circonstances de leur arrestation, leur conduite durant les interrogatoires (parfois accompagnés de séances de torture à Breendonk) et leur conduite dans les camps. Le présupposé implicite de la reddition de compte exigée est que leur survie les rend suspects de trahison. Ont-ils respecté durant leur interrogatoire la consigne de silence total prescrite par le code du militant illégal ? Ont-ils au contraire sacrifié leur honneur à leur survie ? Mais qu’est-ce que cette "morale de l’honneur" à laquelle tant leurs juges à la Commission Central de Contrôle du PCB que les militants eux-mêmes se réfèrent fréquemment ? Est-ce ce même honneur dont parlait Montesquieu ? Est-ce le même honneur au nom duquel des crimes sont commis et que le code pénal belge considère comme une circonstance aggravante ?" ( J.-M. Chaumont )

En vente au prix de 29€ (frais de port n.c.) via notre librairie en ligne ou au CArCoB (33, rue de la caserne - 1000 Bruxelles).

Cliquez ici pour plus d’informations concernant cet ouvrage.

La vie quotidienne, l’action, les luttes et les plaisirs d’une section communiste dans les années ’70/’80

Les années ’70 et ’80 furent des années d’espoirs et de montées des luttes diverses : mai 1968 avait provoqué un rajeunissement, un appel vers des solutions nouvelles pour faire de la politique. On pensait alliances progressistes, l’eurocommunisme donnait des ailes et des idées à quelques sections du PCB. La Section de Forest connut alors une expansion remarquable, une présence dans la commune appuyée sur des journaux réguliers, des revendications, des assemblées larges, des fêtes, des affiches percutantes, un langage qui parlait loin au delà du cercle restreint des traditions. Grâce aux archives de deux des principaux responsables, Jacques Teghem, (né le 4 février 1948) secrétaire politique de la section et Serge Govaert, (né le 4 mars 1950) responsable de La Vie Forestoise, il est possible de suivre pas à pas, l’élaboration de cette percée, la vie intérieure de la section mais aussi ses rapports tant avec la direction du PC qu’avec les autorités forestoises, les négociations avec les autres formations politiques locales : un véritable kaléidoscope. On peut suivre deux campagnes communales exceptionnelles, de 1976 à 1982 mais aussi la vaine tentative de créer en 1988 un rassemblement rouge-écologiste. Bref le matériau idéal pour élaborer une micro-histoire d’une trajectoire politique au niveau communal.

Cf. Papiers personnels Jacques Teghem, 1976 - 1989, et Papiers Serge Govaert, 1975 - 1988 ; 6 + 3 boîtes d’archives. Collections Périodiques : La Vie Forestoise, Les Braises, S’unir.

La Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT) 1971 - 1984, par Simon Hupkens

Le mouvement trotskyste est présent en Belgique depuis 1928. Marginal, il a cependant exercé une influence intellectuelle et politique marquante dans la gauche. Son histoire est également faite de multiples scissions et couverte d’une certaine obscurité en raison de périodes où ses militants ont exercé leur action au sein d’autres formations politiques, essentiellement les partis socialistes. Mais durant toutes les années ’70 et jusque dans les années ’80, le mouvement trotskyste belge s’incarne principalement dans la Ligue révolutionnaire des Travailleurs (LRT).

Pour élaborer son excellent travail publié par le CRISP (Courrier hebdomadaire n°2335 - 2336), Simon Hupkens a puisé dans les riches archives de l’IHOES à Liège et de l’AMSAB à Gand. Il a interviewé de nombreux militants.
Il démontre et analyse les différentes tendances qui s’affrontent au sein du mouvement qui opposent deux lignes : l’ouvriérisme et l’intellectualisme. Il décrit avec intelligence les ruptures successives qui recouvrent des conflits générationnels et les stratégies qui s’opposent : l’entrisme puis le "mouvementisme".
Par une écriture claire et bien structurée, par une vision politique indépendante, il permet une compréhension intelligente du mouvement. Le Jury du prix du CArCoB, auquel l’auteur a soumis son travail, l’a fortement apprécié (cliquez ici pour le rapport du Jury).

Simon Hupkens participera au séminaire du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB ce jeudi 29 mars. Cette conférence-discussion portera sur La ligue révolutionnaire des travailleurs 1971 - 1984 : les trotskystes belges à la recherche d’une homogénéité politique.

Informations pratiques :
Le séminaire est ouvert à toutes et tous. Entrée libre.
Quand : Jeudi 29 mars, de 18h à 20h.
Lieu : Campus du Solbosch, Bâtiment S, salle Arthur Doucy, 12ème étage, Institut de sociologie de l’ULB, 44 avenue Jeanne (cliquez ici pour le plan).
Attention, des travaux sont en cours Avenue Franklin Roosevelt, le campus est accessible en voiture uniquement via l’Avenue Buyl.

Biographies communistes

La Nouvelle Biographie Nationale est une publication de l’Académie Royale de Belgique qui a pris la suite d’une première série qui parut de 1866 à 1986 et comporta quarante-quatre volumes. La NBN en compte déjà treize. Les biographies concernent des Belges qui ont acquis une certaine notoriété, que ce soit sur le terrain scientifique, culturel, économique, artistique, sportif, militaire ou politique... Les notices sont rédigées dans la plupart des cas par des spécialistes de l’activité dans laquelle la personne biographiée s’est signalée, sur base de sources citées en références.

Près d’une cinquantaine de personnalités ayant appartenu, ne fût-ce qu’à une période de leur vie, au Parti communiste figurent dans cet ensemble. Il est vrai que certaines, centrées sur leurs activités scientifiques, ne mentionnent pas leur engagement politique. Ainsi par exemple, le Professeur Paul Michot, de l’Université de Liège, géologue réputé, fut un peu plus que "résistant de gauche", mais bien sénateur communiste de 1946 à 1949, tout comme Max Cosyns, savant atomiste, fut membre du Conseil mondial de la Paix. Mais c’est en découvrant la notice qui lui est consacrée que ceux qui l’avaient côtoyé à la Section Jean Guillissen de l’ULB ou encore parmi les "porteurs de valise" pendant la guerre d’Algérie, apprendront la notoriété scientifique exceptionnelle, belge et internationale, de Roland Wollast.

Il faut souligner que l’ensemble des notices de la Biographie nationale est accessible à tous sur le site de l’Académie Royale de Belgique : "academieroyale.be"

José Gotovitch

Cliquez ci-dessous pour voir la liste des notices :

Remise du Prix CArCoB le 9 mars à 17h

Le prix CArCoB 2017 vient d’être attribué à Robin Bruyère pour son mémoire de master : Travail syndical et influence du PCB au sein de la FGTB liégeoise dans les années 1970 - 1980.

Le prix sera remis le 9 mars à 17h, au 33 rue de la Caserne - 1000 Bruxelles, l’occasion pour l’auteur de présenter son travail.

Le CArCoB a attribué pour la deuxième fois son prix bisannuel destiné à distinguer "une contribution scientifique originale à la connaissance historique des mouvements communistes en Belgique". Le prix, est destiné à "stimuler et valoriser les recherches et travaux mettant en valeur la documentation du Centre". Il avait été attribué en 2016 au doctorat défendu à l’UCL, publié depuis d’Anne-Sophie Gijs, Le pouvoir de l’absent : les avatars de l’anticommunisme au Congo (1920-1961).

Comme en 2015, le jury a été saisi d’un nombre appréciable de travaux des grande qualité, se partageant en documentaire filmé, thèse de doctorat et mémoires de master en histoire issus de nos diverses universités.

Il a couronné le mémoire de master en histoire défendu à l’Université de Liège par Robin Bruyère, Travail syndical et influence du PCB au sein de la FGTB liégeoise dans les années 1970 - 1980.

Au terme d’un impressionnant dépouillement d’archives et de journaux disponibles dans tous les lieux envisageables et portant sur une période bien plus large que la décennie traitée, l’auteur a réalisé une enquête orale qui donne un visage aux luttes évoquées. Il sauve ainsi le rôle joué par des protagonistes dont la trace n’affleure pas souvent dans les sources écrites et qui ont pourtant écrit l’histoire syndicale. Il marie avec doigté sources orales et écrites. Il pose clairement la question du politique et donne ainsi les chaînons qui relient prises de positions et actions. Il met en évidence les générations syndicales qui se distinguent et ose poser des hypothèses quant à l’ethos communiste, sa conception du monde, son rapport avec celui-ci, sa rationalité sociale et éthique. Par-delà, il éclaire la stratégie syndicale des différentes forces politiques qui s’allient et s’affrontent au sein des entreprises et des services publics.
Les thèmes abordés, les fonctionnements mis à jour éclairent l’histoire sociale d’aujourd’hui et apporte une contribution de poids à l’élaboration d’une histoire syndicale, parent pauvre de la recherche historique en Belgique.

Le jury souligne qu’il a eu quelque peine à départager des travaux qui, tous, témoignent de qualités évidentes et encourageantes pour l’histoire des forces de gauche dans ce pays.

Le rapport du jury sur l’ensemble des travaux est disponible ci-dessous.

 

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Lire le rapport du jury (pdf)

Quelle marge de manœuvre pour un ministre communiste en Belgique

Le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB reprend son cycle de séminaires pour l’année 2018.

Pour l’occasion il accueillera François Belot pour la première conférence "Quelle marge de manœuvre pour un ministre communiste en Belgique ? L’expérience du ministre communiste Jean Terfve à la Libération".

Au lendemain de la Libération, des communistes entrent dans divers gouvernements d’Europe occidentale. En Belgique, le Parti communiste (PCB), qui a récolté plus de 12% aux élections de février 1946, envoie quatre de ses dirigeants au gouvernement. Jean Terfve se voit ainsi confier, en avril 1946, le portefeuille de la Reconstruction. Il est chargé de la réparation matérielle du pays et de l’élaboration des statuts à octroyer aux résistants et aux victimes de la guerre. Depuis la négociation des portefeuilles jusqu’à sa démission onze mois plus tard, Jean Terfve, tout comme ses trois autres camarades, est confronté à de nombreuses difficultés et à de véritables actes de sabotage, de la part de ses adversaires catholiques comme de ses partenaires gouvernementaux, qui le contraignent à modifier ses projets.

Cette participation communiste au gouvernement belge n’est pas sans ouvrir des réflexions tout-à-fait actuelles quant à la très étroite marge de manœuvre que peuvent avoir des partis de gauche s’ils acceptent de participer au pouvoir.

Le CHSG accueillera comme "discutant" de cette séance, Luis Angel Bernardo y Garcia, auteur d’une thèse de doctorat sur Le Ventre des Belges. "Miracle économique" et restauration des forces de travail. Origines et développement de la politique alimentaire du second immédiat après-guerre (1914-1948) (ULB, 2014-2015).

Le séminaire se déroulera à la salle Henri Janne, 15ème étage de l’Institut de Sociologie (Bât.S), ULB, 44 avenue Jeanne, 1050 Bruxelles. Entrée libre.

Retrouvez le programme des prochains séminaires en cliquant sur le lien "lire la suite".

Exposition : 1917 - 2017 Sous le signe de la Faucille et du Marteau

L’Écomusée du Viroin vous propose de (re)découvrir la Révolution d’Octobre sous l’angle de sa symbolique : la faucille et le marteau.

Symbole de l’union entre le monde paysan et ouvrier dans la perspective d’une révolution qui se voulait sociale et universelle. Au travers de panneaux, de photographies, de l’importante collection de faucilles et de marteaux de l’Écomusée, de vidéos et de nombreux objets marqués du symbole communiste (prêtés notamment par le CArCoB et l’IHOES), l’exposition retrace l’évolution technologique et culturelle de ces deux outils majeurs de l’aventure humaine qui viendront marquer au début du XXe siècle le drapeau rouge de nombreux mouvements sociaux à travers le monde.

Informations pratiques :
Actuellement à l’Écomusée du Viroin jusqu’au 08/10/2018.
63, rue E. Defraire - 5670 Treignes
060/39.96.24.
http://www.ecomusee-du-viroin.be/

Meilleurs vœux pour 2018

Le Conseil d’administration, le Conseil scientifique et toute l’équipe du CArCoB vous présentent leurs meilleurs vœux pour cette nouvelle année !

14 décembre 2017, de 18 à 20 heures à l’ULB (local NA4.302)

Le Centre de Recherche Mondes Modernes et Contemporains (ULB), le CArCoB (Centre des Archives du Communisme en Belgique) et le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (ULB) vous invitent

à la présentation - débat de l’ouvrage

"Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes"

de et avec Jean-Michel Chaumont, Chercheur qualifié FNRS et professeur à l’UCL,

et Bernard Pudal, Professeur (em.) de sciences politiques à l’Université de Paris X-Nanterre, discutant.

Cette recherche pionnière a été rendue possible par l’exploration systématique des dossiers constitués par le PCB à la libération et conservés au CArCoB, ouverts pour la première fois totalement à un chercheur, tout en respectant l’anonymat des personnes.

Grand succès du colloque sur Octobre 1917

Coorganisé par le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB (CHSG), l’Institut Marcel Liebmann, la Formation Lesoil et le Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), le colloque « Redécouvrir les espoirs, les utopies et les héritages de la Révolution russe » qui s’est tenu du 2 au 4 novembre à la Maison du Peuple de Saint-Gilles ambitionnait de revisiter la révolution russe à la lumière des nouvelles approches historiennes favorisées par l’ouverture des archives de l’ex-Union soviétique. Les organisateurs ne voulaient ni d’une manifestation académique, ni d’une « commémoration » pro ou anti. Leur volonté était de favoriser une réappropriation sans tabous ni fétiches de ce qui demeure un moment clé de l’histoire des combats pour l’émancipation des exploités et des opprimés.

Nouvelle notice biographique d’Albert Marteaux

De conseiller communal socialiste, chirurgien en Espagne, à Ministre communiste, le Docteur Albert Marteaux a parcouru un chemin exceptionnel.
" Médecin pour les pauvres ", né dans les Marolles, en réalité chirurgien urologue, il créa les Anciens Combattants Socialistes, entra au conseil communal de Bruxelles en 1921 pour ne le quitter qu’à sa mort en 1949. Administrateur de la Commission d’Assistance Publique, il lutta toute sa vie pour l’intercommunalisation des CAP de l’agglomération bruxelloise qu’il réalisa comme ministre de la Santé Publique ! En effet, député en 1926 et réélu en 1936 jusqu’à sa fin, il prit part et anima les courants de gauche successifs au sein du POB (La Lutte des Classes, la Bataille socialiste, puis l’Action socialiste). Fougueux défenseur de l’Espagne républicaine, il organisa et dirigea un hôpital pour les combattants à Onteniente. Quand le gouvernement Spaak reconnut Franco, il rompit avec le POB et rejoignit le PCB qui le fit réélire en 1939. C’est à lui que son parti fit appel en 1941 pour lancer le Front de l’Indépendance auquel il amena l’Abbé Boland rencontré au cours de son action en faveur de la Chine en butte aux violences japonaises. Mais, brûlé, il gagna Londres pour endosser à son retour en 1944 la charge de Ministre de la Santé Publique à laquelle l’avait désigné son parti. En 25 mois d’activité, il tenta une véritable politique globale de la santé publique, allant du statut des infirmières, l’inspection médicale scolaire, à l’extension des plaines de jeux et installations sportives, l’assainissement des taudis, la réorganisation de la distribution de l’eau. Il mourut, malade, deux ans après la fin de la participation gouvernementale communiste. Une foule innombrable suivit la dépouille mortelle de ce tribun et combattant populaire.

Vous pouvez retrouver la notice complète en suivant ce lien.

Collection du journal "La Gauche"

La Formation Léon Lesoil vient de nous déposer une importante collection du journal "La Gauche" pour les années 1958 à 1987. Celle-ci vient compléter et suppléer les numéros déjà conservés au CArCoB. Le lecteur pourra désormais y consulter "La Gauche" de 1956 à nos jours.
C’est le 15 décembre 1956, que "La Gauche" sort de presse pour la première fois, née d’un courant de gauche au sein du parti socialiste. Le comité de rédaction est composé de Guy Cudell, René Evalenko, Jacques Guyaux, Robert Lambion, Raymond Latin, Ernest Mandel, Raymond Rifflet, Emile Van Ceulen et Jacques Yerna. André Renard et Camille Huysmans figurent dans le comité de patronage. Depuis le début des années 50, quelques dizaines de militants de la IVe Internationale, parmi lesquels Ernest Mandel et Émile Van Ceulen (devenu dirigeant JGS en 1954) étaient entrés clandestinement au PSB.
Dès sa fondation jusqu’à la grève générale 60-61, "La Gauche" s’est efforcée de populariser le programme de "Réformes de structures", adopté par le FGTB en 1954 et en 1956. Dès le début, la direction du PSB s’est montrée hostile aux accents portés par "La Gauche" bien qu’elle ignorât tout de l’existence d’un noyau clandestin de la IVe Internationale en son sein.
Pendant la grève 60-61, une rupture se produira entre "La Gauche", qui prônait l’organisation d’une Marche sur Bruxelles, et André Renard qui opérait un "repli wallon" en revendiquant le fédéralisme. Après la grève, la participation des socialistes au gouvernement, le vote des lois antigrève, la direction du PSB attendra 1964 pour exclure les principales figures du comité de rédaction. Les rédacteurs et les diffuseurs de la Gauche lancent alors un parti de gauche : le Parti Wallon des Travailleurs (en Wallonie) et l’Union de la Gauche Socialiste (à Bruxelles). Pierre Legrève, militant de la CGSP-Enseignement, de l’UGS et de la IVe Internationale, est élu au parlement en 1965 sur une liste de cartel PCB-UGS.
"La Gauche deviendra l’organe de la Ligue Révolutionnaire des Travailleurs en 1971, année où la IVe Internationale réapparaît au grand jour en Belgique. "La Gauche" est toujours le journal de cette organisation qui a changé de nom en 1983 (POS) et en 2006 (LCR).

Journée d’étude sur l’Association Belge des Juristes Démocrates (ABJD)

Le mercredi 14 juin aura lieu à l’ULB une journée d’étude et de témoignages sur l’Association belge des Juristes Démocrates (1973-1993).

En 1973, l’ABJD (au départ, la section belge de l’AIJD) transcende ses origines pour devenir une organisation pluraliste. Dans les années qui suivent, ce dynamisme entraîne de nombreuses adhésions dans les milieux progressistes ainsi que la création de sections régionales en Belgique francophone ; parmi celle-ci, l’Association Liégeoise des Juristes Démocrates (ALJD) s’est particulièrement distinguée par son autonomie. Disparus au début des années 1990, l’ABJD et ses partenaires auront été la matrice de structures - toujours actives actuellement - telles que l’Association Syndicale des Magistrats (ASM) ou le Syndicat des Avocats pour la Démocratie (SAD).
Les Juristes Démocrates - avocats, magistrats, chercheurs - ont mené des combats décisifs, aux niveaux national et international. Le "Journal des Juristes Démocrates" ainsi que les divers rapports produits attestent le large spectre de leurs activités. Cette journée d’histoire orale est un appel à restituer le parcours de ces militants au sein de l’historiographie des mouvements sociaux et de la pratique du droit en Belgique.

Une journée co-organisée par l’Observatoire des Mondes Arabes et Musulmans de l’ULB, le Centre de recherches Mondes Modernes et Contemporains de l’ULB et le CArCoB.

INFOS PRATIQUES :
Le mercredi 14 juin, de 9h à 16h30.
Adresse : Maison des Sciences Humaines, ULB - Avenue Antoine Depage n°1 - 1050 Bruxelles (Bâtiment R52, 2ème niveau - Salle de réception R.3.105.)
Inscription en ligne : http://msh.ulb.ac.be/agenda/conference-juristes-democrates/
Inscription par courrier : John Nieuwenhuys, ULB, Av. F.D. Roosevelt 50 - CP 129/08, 1050 Bruxelles

NOUVEAUTÉ : réédition du livre de Claude Renard "Octobre 1917 et le mouvement ouvrier belge", par le CArCoB et les Éditions Memogrames

La Révolution russe de 1917 a changé la face du 20e siècle. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les prolétaires prennent le pouvoir - et le gardent - à l’échelle d’un pays, soulevant un espoir fou à travers toute la planète. La guerre, opposant les puissances impérialistes, fait alors rage en Europe, semant la haine et le sang. Un conflit dans lequel les peuples, ainsi à s’entretuer, ont tout à perdre.
Quels ont été les effets de 1914-1918, puis de la Révolution russe, sur le mouvement ouvrier belge ? Le leader socialiste Emile Vandervelde participe à l’époque à un gouvernement bourgeois, d’union nationale. Il exalte le patriotisme nationaliste, au détriment des principes de solidarité internationale.
Certes, des groupes se font jour, au sein du P.O.B. et des syndicats, pour dénoncer cette boucherie et réclamer la fin des combats. Mais ils restent minoritaires dans un pays dont la quasi-totalité du territoire est occupé. Octobre 1917 va donner un coup d’accélérateur. Faut-il opter pour le chemin révolutionnaire, aux côtés de la Russie bolchévique ? Ou continuer la voie de réformes, dans un schéma parlementaire classique ? Il faut choisir ! Emmenée par le syndicaliste Joseph Jacquemotte, une aile plus à gauche quitte le P.O.B., adhère à la 3e Internationale (le Komintern) créée par Lénine, et coalise différentes factions, réunies en 1921 au sein du nouveau Parti communiste de Belgique.
Ce livre de Claude Renard a été écrit en 1967. Le voici réédité, à l’occasion du centième anniversaire de 1917, rehaussé de 50 pages de photos, pour la plupart inédites. Jean Puissant, professeur émérite de l’ULB, en signe la préface. Quant à Claude Renard, il nous offre, avec sa postface, un nouvel éclairage, complémentaire, tenant compte de l’évolution ultérieure de l’URSS et de la chute du mur de Berlin en 1989.

En vente dans la librairie en ligne du CArCoB au prix de 19€ (frais de port non compris) : pour acheter l’ouvrage cliquez ici.

Le fabuleux destin de Frédéric Legrand, forgeron borain

Il prit part à l’assaut contre le Palais d’hiver, à Petrograd, en octobre 1917 !
Une vie extraordinaire que celle de Frédéric Legrand, né en 1883, qui fut mineur de fond à 11 ans, avant de se qualifier comme forgeron et d’adhérer aux JGS (Jeunes gardes socialistes) à 14 ans. Quand vient la guerre, en 1914, il s’engage volontairement dans l’armée belge. Il rejoint clandestinement la France où il est affecté à un bataillon de soldats - ouvriers spécialisés. En 1915, avec quelques 200 de ses camarades et compatriotes, il est expédié en Russie. La brigade est employée dans deux usines de guerre, à Sestroretsk et Petrograd. Et les voilà confrontés aux deux révolutions russes, celle de février 1917 et celle, bolchévique, d’octobre 1917. Une partie des Belges, dans ces deux villes, prennent ouvertement parti pour Lénine. Frédéric Legrand, parmi eux, est à l’avant-garde. Il participe, armé, à l’assaut emblématique du Palais d’hiver à Petrograd, qui signa la victoire des révolutionnaires. Il décide de rester en Russie. Il y adhère au parti bolchévique. Il part en Kirghizie comme instructeur forgeron dans des écoles techniques. Puis, il prend part, aux côtés des communistes, à la guerre civile contre les "blancs" et les envahisseurs étrangers.
Au CArCoB, une importante documentation est disponible sur les Belges de Petrograd et Frédéric Legrand.

Une correspondance de Célestin Demblon

Célestin Demblon, (1859-1924) est l’incarnation des pionniers du socialisme de lutte de classe qui fondèrent le POB (Parti Ouvrier Belge) et furent de ses premiers députés. Instituteur révoqué pour ses idées, érudit, il maintint son hostilité à la participation gouvernementale au sein du POB, rallié à celle-ci pendant la guerre 14-18.
Tribun acclamé par les travailleurs de Wallonie, il salua la Révolution bolchevique, se dressa contre la motion Mertens et fut l’âme du journal de la gauche socialiste La Lutte des Classes. Il fut dès lors l’objet de mises en demeure de plus en plus agressives au sein de la Fédération liégeoise du POB, mais il refusa de se dédire. À la veille de son exclusion, il annonça qu’il prendrait la tête de la liste communiste aux élections de 1925, mais son cœur céda le 12 décembre 1924.
La veuve de René Joseph Paquay, ancien militant communiste et Partisan, Mme Vincke, a fait don au CArCoB de 45 lettres manuscrites de Célestin Demblon adressées à l’un de ses partisans, actif au sein de la minorité qu’il animait à la Fédération liégeoise du POB, Armand Lovinfosse. Nous ne possédons malheureusement aucune information sur ce dernier (toute indication serait la bienvenue).
Cette correspondance très soutenue s’étend du 17 novembre 1922 au 29 novembre 1924, soit quelques jours avant le décès de Demblon. Elle évoque la préoccupation soutenue de celui-ci pour la diffusion du journal, l’attention du député installé provisoirement à Bruxelles, pour suivre la situation à Liège, à Herstal, à Seraing. Elle témoigne de son acharnement dans l’affaire Coppée, dont les tractations avec l’occupant semblent échapper à la justice. Elle éclaire aussi les meetings qu’il multiplie jusqu’à son dernier souffle. Cette correspondance annonce ainsi la bataille à venir au sein de la Fédération et traduit l’engagement total de Demblon dans le combat qu’il a engagé, lui dont les plus proches amis et compagnons de lutte, dont Volders principalement, ont désormais cédé la place à une autre génération.

José Gotovitch

Les archives personnelles de Lucette Bouffioux

Les archives personnelles de Lucette Bouffioux (1911-2006) nous plongent dans les multiples appareils et organisations qui, de la guerre aux années septante, furent au cœur de l’activité communiste comme telle, et de l’activité des communistes au sein de nombreuses organisations plus larges.
Venue du Comité mondial des Femmes contre la Guerre, Lucette B. assume sous l’occupation une fonction essentielle à la tête de l’appareil des cadres du PCB qui veille à la sécurité du Parti et à la gestion des cadres. Parmi ses archives figurent de multiples biographies et dossiers renvoyant à la valse des responsables, aux arrestations, aux structures à retisser sans cesse. Elle poursuit cette activité quelques années après la fin de la guerre.
Avocate, elle anime l’Association d’aide à la Grèce démocratique, de 1967 à 1970. Le soutien aux victimes des Colonels est un combat qui a laissé peu de traces qui abondent cependant dans ces documents.
Veuve du poète René Blieck, mort à Neuengamme, elle conserve également quelques dossiers manuscrits et littéraires. Elle joue un rôle central au sein de l’Amicale de Neuengamme, au plan national et international.
Notons encore la présence de dossiers évoquant d’autres luttes principalement de la guerre froide comme le Comité Rosenberg, l’Association des Juristes démocrates, le Rassemblement des Femmes pour la Paix…
Ce fonds d’archives donne donc des perspectives fort diverses de travail pour l’histoire de la clandestinité et de la guerre froide.

Un sommet du Maccarthysme en Belgique !

En pleine Question Royale et Guerre de Corée, le gouvernement PSC homogène décida de purger l’appareil d’État de tous les dangereux communistes. Il crut abattre une carte maîtresse quand sa police "découvrit" le Conseiller d’État Henri Buch attablé dans une maison privée de Hasselt, avec cinq communistes locaux. Il leur enseignait les secrets sulfureux de l’économie politique marxiste ! Un dangereux complot était donc éventé et le magistrat fut traîné devant la Cour de Cassation, à laquelle le Procureur général Cornil réclama la radiation immédiate.
Ancien Commandant national des Partisans Armés, déporté, assumant ses convictions, Buch défendit ses droits de citoyen... Et les magistrats de la Cour de Cassation démontrèrent l’indépendance de la Justice dans un pays de droit...

Cette histoire en forme de quasi polar est démontée dans cette étude que lui a consacrée José Gotovitch en 2011.

"Les Enfants du Hasard", un film de Thierry Michel et de Pascal Colson

Le CArCoB soutient la diffusion du film de Thierry Michel et de Pascal Colson "Les Enfants du Hasard", du nom du charbonnage de Cheratte.
Le film est consacré aux petits-enfants de la dernière immigration de mineurs. Essentiellement turque, elle a succédé à celle des Polonais, Italiens et Espagnols. Outre les questions liées à l’intégration, le film pose aussi celle de la transmission de la mémoire ouvrière.
Le CArCoB estime utile d’ajouter les éléments suivants pour informer le spectateur.
Le 1er mai 1944, un drapeau belge et un drapeau rouge flottaient sur la belle-fleur de Cheratte hauteur. Ils avaient été placés là pour narguer l’occupant par un groupe de résistants armés dont Marcel Levaux faisait partie. En 1971, Marcel Levaux, alors député communiste, devient bourgmestre de Cheratte. Ce sera le dernier avant la fusion des communes et l’absorption de Cheratte par Visé. Pendant son mayorat il développe une politique de construction scolaire. À titre personnel, il soutient le travail scientifique des frères Manço - Ural et Altaï - aujourd’hui reconnus comme grands spécialistes de la communauté turque, dont ils étaient issus.
Le film interpelle. Après une enfance heureuse dans une verdoyante cité sociale et une belle école, cette jeunesse va affronter la vie. Est-elle consciente de tout ce qu’elle doit à deux siècles de lutte ouvrière pour le progrès social ?
Convaincu que ce film animera un débat de société sur l’enseignement, l’immigration, la démocratie, la transmission de la mémoire ouvrière. Un film sur l’enfance et le bonheur tourné durant un an dans l’école primaire de Cheratte près de Liège.

www.enfantsduhasard.com

www.facebook.com/enfantsduhasard/

Exposition Noirs dessins du communisme à Liège

L’exposition "Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle", s’installe au Grand Curtius de Liège jusqu’au 30/04/2017.
Elle sera accessible du lundi au dimanche de 10h à 18h. Fermeture le mardi.

Il est possible d’organiser des visites guidées. Pour ce faire, veuillez réserver au +32(0)4 221 68 17 ou +32(0)4 221 68 40.

Une exposition du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG) de l’ULB, du Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale (IHOES) et du Mundaneum. Avec l’aide de la Formation Léon Lesoil.

Louis NEURAY

À découvrir sur notre site (dans Publications en ligne, notices biographiques), la biographie de Louis Neuray par Jules Pirlot.

Louis Neuray, militant communiste, déclenche une grève en décembre 1940 dans une usine de Herstal. Condamné par un tribunal militaire allemand, il purge une peine de trois ans de prison en Allemagne.

L’assassinat de Julien Lahaut vu d’Italie

Lorenzo DI STEFANO* a consacré son mémoire de maîtrise en science politique à l’assassinat de Julien Lahaut. Il le situe dans le contexte de la guerre froide et offre au public italien une synthèse de la biographie du président du PCB.
Pour le public francophone, un chapitre est particulièrement intéressant : celui de l’impact de la nouvelle de l’assassinat en Italie. Il décrit la mobilisation populaire à l’initiative des syndicats de la CGIL, des partis communiste et socialiste. Il relate les articles parus dans la presse et la participation italienne aux funérailles à Seraing. C’est pourquoi le CArCoB publie sur son site (dans Publications en ligne, Contributions historiques) la version française de ces pages et remercie vivement Betty COLETTA pour ce travail de traduction.

 

* Lorenzo DI STEFANO, Il caso Lahaut (1950), un omicidio politico in Belgio nel contesto della guerra fredda e della questione leopoldista, Tesi di Laurea, facoltà di Scienze politiche, Università degli studi di Teramo (2014-2015).
Cet ouvrage peut être consulté au CArCoB qui remercie l’auteur pour sa coopération.

Exposition Noirs dessins du communisme à La Louvière

Du 25/10/2016 au 09/11/2016, l’exposition "Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle" ouvrira ses portes à la Maison du Tourisme du Parc des Canaux et Châteaux de La Louvière.
Elle sera accessible du lundi au vendredi de 9h à 17h30 et le samedi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Entrée libre.

Il est possible d’organiser des visites guidées. Pour ce faire, veuillez prendre contact avec le CArCoB par mail : carcob@skynet.be ou par téléphone : 02/513.15.83.

Les Noirs dessins du communisme ont déjà été montrés à la salle Allende de l’Université Libre de Bruxelles et au PointCulture de Bruxelles et ont attiré près de 1450 personnes.

Une exposition du Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG) de l’ULB, du Centre des Archives du Communisme en Belgique (CArCoB), de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale (IHOES) et du Mundaneum. Avec l’aide de la Formation Léon Lesoil.

Nouvelle publication : Jacques Moins, Un itinéraire engagé (1929-2011)

Le CArCoB vient d’éditer le livre autobiographique de l’avocat Jacques Moins, décédé il y a quelques années. Jacques Moins fut longtemps dirigeant du Parti communiste à Bruxelles. Ardent partisan de l’Eurocommunisme, il resta néanmoins lié à l’URSS, en dépit des erreurs et déviances de celle-ci, clairement dénoncées. Ses mémoires, brutes de décoffrage, éclairent, sous un angle inédit, l’histoire d’après-guerre du PC belge, avec ses hauts et ses bas. Une somme de faits et d’opinions qui constituent un document très rare sur le passé du PC, et son rôle dans la vie politique du pays.

Prix : 15€
Pour toute commande, veuillez vous adresser au CArCoB :
par mail : carcob@skynet.be
par téléphone : 02/513.15.83 - 02/513.61.99.

De nouvelles archives exceptionnelles

"Une" correspondance de Célestin Demblon

Célestin Demblon, (1859-1924) est l’incarnation des pionniers du socialisme de lutte de classe qui fondèrent le POB et furent de ses premiers députés. Instituteur révoqué pour ses idées, érudit, il maintint son hostilité à la participation gouvernementale au sein du POB, rallié à celle-ci pendant la guerre 14-18.
Tribun acclamé par les travailleurs de Wallonie, il salua la Révolution bolchevique, se dressa contre la motion Mertens et fut l’âme du journal de la gauche socialiste La Lutte des Classes. Il fut dès lors l’objet de mises en demeure de plus en plus agressives au sein de la Fédération liégeoise du POB, mais il refusa de se dédire. A la veille de son exclusion, il annonça qu’il prendrait la tête de liste communiste aux élections de 1925, mais son cœur céda le 12 décembre 1924.

La veuve de René Joseph Paquay, ancien militant communiste et Partisan, Mme Vincke, nous a fait don de 45 lettres manuscrites de Célestin Demblon adressées à l’un de ses partisans, actif au sein de la minorité qu’il animait à la Fédération liégeoise du POB, Armand Lovinfosse . Nous ne possédons malheureusement aucune information sur ce dernier. (toute indication serait bienvenue).

Cette correspondance très soutenue s’étend du 17 novembre 1922 au 29 novembre 1924, soit quelques jours avant son décès. Elle évoque la préoccupation soutenue de Demblon pour la diffusion du journal, l’attention du député installé provisoirement à Bruxelles, pour suivre la situation à Liège, à Herstal, à Seraing. Elle témoigne de son acharnement dans l’affaire Coppée, dont les tractations avec l’occupant semblent échapper à la justice. Elle éclaire aussi les meetings qu’il multiplie jusqu’à son dernier souffle. Cette correspondance annonce ainsi la bataille à venir au sein de la Fédération et traduit l’engagement total de Demblon dans le combat qu’il a engagé, lui dont les plus proches amis et compagnons de lutte, dont Volders principalement, ont désormais cédé la place à une autre génération.

 

« Les suspects de mai 1940 »

Le 10 mai 1940, le gouvernement belge fait procéder à une gigantesque rafle de « suspects » : entendez communistes, nationalistes flamands, Juifs étrangers. Ballotés de prisons en prisons, ces « suspects de mai 40 » sont embarqués dans des wagons de marchandises et expédiés vers la France. En chemin, des soldats français avinés en exécuteront une série dans le kiosque à musique d’Abbeville : parmi eux le conseiller communal communiste de Saint Gilles Lucien Monami et le chef du Verdinaso, Joris Van Severen.

Désignés à la vindicte publique comme parachutistes, espions, traîtres etc., ils sont l’objet de la violence des gardiens français et des populations traversées. Sans eau, sans nourriture, ils aboutiront après plusieurs jours dans les camps du Sud Ouest où la France a parqué les républicains espagnols. Libérés en août - sauf les Juifs dont la plupart seront livrés à la SS et déportés à Auschwitz - plusieurs de ces nationalistes flamands publieront le récit de leur calvaire.
Par la grâce de sa famille, le CArCoB vient de recevoir le seul récit connu de ce voyage dramatique rédigé par une des victimes communistes, le journaliste Edouard Stiers (1905-1942), arrêté en 1941 par l’occupant et décédé au camp de Neuengamme. Ce texte de 57 pages confirme la responsabilité des gouvernements belge et français dans cet avant-gout de ce que sera la déportation pour nombre de ces communistes, futurs résistants : Jean Alexander, Pierre Joye, Isidore Heyndels, Andréas Lejeune, Sam Herssens…

Pour une biographie complète de Edouard Stiers et de sa femme Nadia Reznic (déportée à Saint Cyprien en mai 1940 et à Ravensbrück) - voir Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier belge http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr

In Memoriam - Louis Van Geyt

Président du Parti communiste de Belgique (PCB - KPB)
Député de Bruxelles
Membre fondateur du CArCoB

Remise du Prix CArCoB le 24 février à 17h. dans les locaux du CArCoB, rue de la Caserne 33, 1000 Bruxelles

Le premier prix CArCoB vient d’être attribué à Anne-Sophie Gijs pour sa thèse de doctorat : Le pouvoir de l’absent : les avatars de l’anticommunisme au Congo (1920-1961), Doctorat en histoire, UCL, 2014 qui sera bientôt publié aux éditions P.I.E. PETER LANG SA - International Academic Publishers.

"Louis Van Geyt, la passion du Trait d’Union - Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945 - 1985). Libres Entretiens avec Jean Lemaître"

1945 : fort de ses actes de résistance, le Parti communiste de Belgique rassemble 80.000 adhérents et devient la troisième force du pays. Lors de la période ultra sectaire de 1947 à 1954, il s’effondre littéralement, avant de reprendre du poil de la bête à la suite de la grève de 1960-1961, sans plus atteindre toutefois le niveau de l’après-guerre.
Après Mai ’68, le PC s’ouvre aux intellectuels, aux chrétiens de gauche, aux jeunes, tout en prenant des distances avec le "modèle" soviétique. De nouvelles perspectives semblent se dessiner. Mais, dès 1981, avec le tournant néo-libéral au Royaume, le parti pique à nouveau du nez et disparaît progressivement des radars politiques.
Au total, bien des questions... Qu’aura apporté le PC à l’histoire sociale et politique de la Belgique ? Pourquoi, fin des années ’70, n’a-t-il pas été capable de se réformer et de trouver un second souffle ? Si c’était à refaire, quelles erreurs auraient-elles pu être évitées ? Et à présent, quels messages d’espoir partager avec les nouvelles générations ?
Louis Van Geyt a présidé le Parti communiste de 1972 à 1988. Aujourd’hui âgé de 87 ans, il a accepté de répondre, sans "tourner autour du pot", aux questions incisives du journaliste Jean Lemaître.

Jean Lemaître, Louis Van Geyt, la passion du Trait d’Union. Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945 - 1985). Libres entretiens avec Jean Lemaître, Arquennes, Memogrames les éditions de la mémoire, Bruxelles, CArCoB asbl, 2015.

414 p. - 30 €

Ouvrage à commander :
Au CArCoB - 02 513 15 83 - carcob@skynet.be
Aux Éditions Memogrames - 067 63 71 10 - memogrames@yahoo.fr

Prix bisannuel du CArCoB

Nous avons le plaisir de vous annoncer la création d’un prix bisannuel destiné à distinguer une contribution originale à la connaissance historique des mouvements communistes en Belgique.
Ce prix est ouvert notamment aux travaux d’histoire et histoire de l’art, de science politique, sociologie, droit, science économique, anthropologie et archivistique.

 
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Exposition au PointCulture de Bruxelles : 11/08 - 12/09 2015

Une exposition sur la caricature et le dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle se tient du 11 août au 12 septembre au PointCulture de Bruxelles. Réalisée par le CArCoB, en collaboration avec le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG) de l’ULB, l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale (IHOES), le Mundaneum et la Formation Léon Lesoil (FLL), l’exposition présente une sélection des cent reproductions présentées à la salle Allende de l’ULB au mois de mars.

"Progrès films - Un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique"

En 1950, le Parti communiste crée Progrès Films pour diffuser des films soviétiques. La société de distribution prend son essor à l’arrivée de Didier Geluck en 1955. Militant, dessinateur de presse (sous le pseudonyme de Diluck) et esthète, Didier Geluck façonne le catalogue de Progrès Films avec un véritable talent de découvreur. Il fait d’abord connaître le cinéma de qualité produit à l’Est, puis des productions de partout dans le monde. Fournisseur de nombreux ciné-clubs, Progrès Films diffuse films de fictions, d’animation et documentaires, contribuant à la cinéphilie de Belgique. Pendant un demi-siècle, Progrès Films a fixé les standards de la distribution art et essai, au gré des nombreuses mutations politiques, socioéconomiques et industrielles qui ont secoué le cinéma. Contre vents et marées, Progrès Films a poursuivi son activité jusqu’en 2002, date à laquelle la société à été mise en liquidation, à genoux face à un marché dans lequel elle ne trouvait plus sa place.
Ce livre retrace les cinquante années de ce combat culturel.

Morgan Di Salvia, Progrès Films - Un demi-siècle de distribution cinématographique en Belgique, Editions du Cerisier, Place publique, 2015

240 p. - 18 €

Ouvrage à commander :

chez votre libraire,
aux Editions du Cerisier - 065 31 34 44 - editionsducerisier@skynet.be,
au CArCoB - 02 513 15 83 - carcob@skynet.be

Accueil

 

Le CArCoB est un centre d’archives privées, reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui rassemble et met à la disposition du public des collections comprenant archives, livres et brochures, photos, affiches, périodiques et films se rapportant à l’histoire du mouvement ouvrier en Belgique, principalement le Parti communiste et les diverses organisations qui y furent liées.

Adresse : rue de la Caserne 33 - 1000 Bruxelles - Belgique, tél. 00 32 (2) 513 15 83 et 00 32 (2) 513 61 99
Horaire : du lundi au vendredi de 10h à 16h
 
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Salle de lecture du CArCoB

En collaboration avec son homologue flamand, le Dacob, le CArCoB gère les archives émanant du Parti communiste de Belgique (1921-1989). Il est le dépositaire des copies des documents relatifs à la Belgique conservés dans les archives de l’Internationale communiste à Moscou (RGASPI) ainsi que de nombreuses archives personnelles de ses militants.

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8ème congrès du PCB en 1946

La bibliothèque recèle quelques milliers de titres des périodiques édités par ses organisations. Elle détient également des milliers de précieuses brochures émanant de toutes les organisations ouvrières de Belgique, la totalité des publications du PCB et de la JCB et de très nombreuses éditions des partis communistes dans le monde.

Ses collections d’affiches et de photos offrent un panorama des luttes menées par le PCB, la Jeunesse communiste, le mouvement de la paix, les associations culturelles et sociales.

L’ensemble de ces collections est répertorié progressivement dans le catalogue en ligne PALLAS. Une aide à la consultation et des outils de travail "papier" sont disponibles dans la salle de lecture et auprès des archivistes.

 

 

Code de respect des usagers culturels en Fédération Wallonie-Bruxelles (PDF)